Nuisances
NUISANCE(S) est un cycle de projets plastiques et sonores d’Hugo Titelein explorant les différentes strates de la nuisance sonore : de la pollution acoustique aux effets du son sur les corps, des enregistrements de lieux industriels aux distorsions électriques et aux « buzz ».
Le projet convoque aussi bien le grésillement d’un ampli que, en référence aux Parasites de Dominique Quessada, le bruit blanc saturant du tout-numérique : un fond sonore permanent propre à l’ère de l’information constante, de la mort des démocraties et de la perte des vérités dans un brouhaha omniprésent.
Formes et dispositifs
Prenant plusieurs formes à travers différents médiums — installation sonore, concert acousmatique et film —, le projet interroge notre rapport aux sons et aux images, ainsi que leurs liens à la psyché et aux corps.
Il documente la mémoire des espaces de production et les traces que le bruit industriel laisse dans les consciences, en reprenant les mélodies des temples de machines en friche du Nord de la France — grand symbole français, voire européen, de la fin d’une ère industrielle, au seuil d’une nouvelle où les cadences ne font qu’accélérer.
Origine et contexte du projet
Lancé début 2025 grâce au dispositif « Émergence » de la région Grand Est et soutenu par Césaré – CNCM, NUISANCE(S) constitue le prolongement d’un mémoire écrit par l’artiste sur la psychoacoustique (cf. Juliette Volcler), dans le cadre de son DNSEP à l’ESAD de Reims.
Nourri par son expérience dans les entrepôts logistiques où il a travaillé pour financer ses études, et par sa culture d’origine du Nord, le projet articule :
enregistrements de terrain,
compositions électroacoustiques,
dispositifs d’écoute singuliers liés au mapping vidéo,
afin de révéler la dimension politique du son, de la musique et de l’information.
Enjeux et démarche artistique
NUISANCE(S) met en lumière :
l’effet dévastateur des vibrations de machines sur nos corps,
les dissonances de l’info et de l’image continue sur notre réflexion collective.
À travers cette enquête sensible, Hugo Titelein s’appuie sur le travail de Juliette Volcler, la musique concrète, l’ambient/noise et des flux d’images constantes et déraillantes pour documenter une violence sourde et continue : celle d’environnements ultra-acoustiques permanents, conçus pour la productivité et le contrôle, au détriment de ceux qui les habitent, de ce qu’il reste de nos cultures, et de nos discussions devenues inaudibles dans un brouhaha constant.
Hugo Titelein
lun 15 > ven 19 déc 2025
Hugo Titelein - conception, composition
hugottln.myportfolio.com


